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MAROC, TERRE DE LUMIÈRE


Le 17 novembre 2023


INFIRMIÈRE, MAIS PAS QUE...


Me voilà de retour en terre marocaine.

10ème? 11ème?

Je crois que j'ai arrêté de compter...

Cette fois, je suis là avec Sandra, ma collègue et amie, qui foule cette terre pour la première fois et Mag, notre photographe qui s'est proposé de nous accompagner pour documenter notre périple.

Jolie brochette de drôles de dames : une suissesse, une polonaise et une française, à l'assaut du désert marocain.


J'en ai rêvé de ce moment, de venir ici pour proposer des activités et faire découvrir cette contrée à mes amis, collègues, connaissances. Bref, au plus grand nombre! 


J'en ai rêvé, j'ai été guidée et le rêve s'est incarné.


Jalil, tout d'abord, rencontré à Essaouira en 2010 et sans qui rien ne serait possible.


Sandra, découverte par téléphone, alors que je cherchais une issue pour échapper à mon job dans les soins à domicile. En recherche de liberté, je me suis laissée inspirée par l'indépendance de Sandra.


Et Mag enfin, croisée l'an dernier au cours de l'un de nos ateliers, organisée chez Agni Basant, une compatriote polonaise, thérapeute psycho-corporelle entre autres activité.

 

EXPERIMENTATION DU VOYAGE DÉCOUVERTE...


Découverte du Maroc, découverte de l'autre... en attendant le silence pour se redécouvrir soi.


Car comment s'écouter dans le brouhaha et le chaos du monde?

Tant d'émotions à accueillir. Mon cœur pleure, ces dernières semaines.

Mon corps me fait mal. Mal d'avoir trop serré les dents? D'avoir trop pleuré?

La maladie de ma mère. Maladie isolante, angoissante. Craignant les infections que son système immunitaire ne saurait supporter, elle se tient recluse, derrière ses quatre murs.

 

Qu'il est difficile d'être fille et soignante? Car comment trouver sa juste place entre le désir d'aider, d'aimer et de respecter la volonté de chacun?


MARRAKECH

 

Retour au Coq Berbère, mon ancrage à Marrakech. Je connais maintenant chaque terrasse, chaque recoin de ce riad, 2 bâtiments reliés par les toits, perdus dans le dédale du souk de Marrakech.


Le 18.11.23

 

Jalil, vient nous chercher à 10h, pour prendre la route. Ponctuel, il nous attendra une trentaine de minutes pour que nous soyons enfin prêtes. Le monde à l'envers pour la ponctualité suisse.


Nous quittons enfin Marrakech et sa banlieue.

Fermer les yeux, se laisser caresser par le doux soleil de novembre.

La route est un voyage en soi. Nous passons par le col du Tichka, à 2200 m d'altitude. Nous apercevons le Toubkal au loin, la 2ème plus haute montagne d'Afrique.

 

Alors que nous sommes en route, j'ai juste besoin de sentir le vent dans mes cheveux.

Écouter Tinariwen en roulant sur d'interminables lignes droites qui traversent les paysage. La perception du temps est tout autre. Pour citer Jalil ici: "Nous, occidentaux, avons des montres et ils, les magrébins, ont le temps".



Bref diner à Ouarzazate pour déguster un "repas léger", avant de reprendre la route. Jalil nous fait visiter les chambres du Riad Tama. Escale possible sur la longue route vers Merzouga. En effet, 10h de route nous sépare de Marrakech. Nos hôtes seront-ils capables de supporter un périple aussi long.

J'ai sans doute mésestimé les distances et nous ne passerons peut-être pas 5 nuits dans le désert...

 

Mais le riad a un joli potentiel pour les approches psycho-corporelles. Un oasis de paix dans un écrin de verdure au cœur d'un paysage brulé par le soleil.

 


Ksar d'Ait Ben Haddou


Ensemble de bâtiments de terre entourés de murailles, le ksar est un type d'habitat traditionnel présaharien. Les maisons se regroupent à l'intérieur de ses murs défensifs renforcés par des tours d'angle. Aït-Ben-Haddou, situé dans la province de Ouarzazate, est un exemple frappant de l'architecture du Sud marocain.


Palmeraie et Kasbah de Skoura :

 

Skoura est une immense palmeraie verdoyante de 50km², parsemée de centaines de kasbahs. Certaines sont en ruines et d’autres ont eu la chance d’être restaurées, comme la Kasbah Amridil. Cette palmeraie est une des rares a être encore cultivée et habitée dans cette partie du Maroc.

 

 Vallée des roses : 

 

Traversée de cette vallée en longeant la rivière de M’Goun.


S'ÉVADER POUR MIEUX SE RETROUVER

 

Si j'avais su, lorsque nous avons eu l'idée de l'intitulé de cette retraite, que celle-ci se mettrait au service de moi-même...

 

S'évader de mon quotidien après :

 

-2 mois d'indépendance avec toute l'intensité que cela représente en terme d'exigences tant au niveau personnel et humain, qu'au niveau administratif et financier (car les premiers mois, il est impératif de se familiariser avec le manque)


-la maladie oncologique d'une Maman avec son lot d'attentes, de déceptions, d'inquiétudes, d'incompréhension parfois ou de souffrances respectives qui peine à se rencontrer (avec tout l'enjeu que représente une relation mère & fille ou soignée & proche-aidant)

 

Pour me retrouver, loin de tout, des soucis que génèrent parfois notre chemin d'humanité, au plus proche de la source, au plus proche du cœur, oserais-je dire le Soi.... entourée de tout l'amour que m'offre mes compagnons de voyages!

 

Car l'Amour peut tout. Et le choix de la majuscule n'est pas un hasard. En effet, l'Amour (qu'il soit amoureux, fraternel ou inconditionnel) nourrit le cœur, il est à l'origine de la libido jungienne (élan de vie) et non freudienne (pulsions sexuelles), il donne l'espoir de poursuivre le chemin malgré vents et marrée, il donne saveur à notre humanité.

 

Il est 3h du matin et le sommeil m'a quitté. Alors que nous dormons dans une auberge berbère au cœur de la vallée du Dades, je choisis de ne pas lutter mais d'accueillir ce temps qui m'est donné. 

Lutter, à quoi bon!


Ce que m'a appris mon job d'infirmière,  c'est sans doute le fait de cultiver cette posture d'accueil.

Et cette phrase d'Epitecte, qui m'accompagne depuis quelques années: 

"Donne moi la force de changer ce que je peux changer,  d'accepter ce que je ne peux pas changer et le discernement de faire la différence entre les 2".

Cet intermède nocturne m'offre la possibilité de me mettre en posture méta pour revisiter ma situation du moment, qu'elle soit personnelle (familiale ou sentimentale) ou professionnelle. 

 

Cette automne m'a conduit sur la route de la posture juste. De la réflexion autour des besoins. Comment accueillir ceux de l'autre tout en honorant les siens pour quitter le Triangle de Karpmann, sauveur bourreau victime?


Car ces derniers temps, je me suis laissée prendre dans chacune de ces postures.

Mais comment prendre conscience de nos schémas relationnels si nous prenons pas la peine de nous auto-observer?

 

RESPONSABILITE ET DETACHEMENT BOUDDHISTE


C'est peut-être cela se retrouver !

Prendre le temps de revisiter ses sensations - émotions- besoins de manière à être pleinement responsable de soi. Responsable de ses mouvements émotionnels de manière à ne pas les faire porter à l'autre. Dans cette responsabilité (la responsabilité étant ici perçue comme le fait de répondre de ses actions ou pour utiliser une métaphore, le livre des comptes qu'il s’agit d'organiser entre le donner et le recevoir), je choisis ici d'y associer le détachement bouddhiste.

 

Pour rappel, les 4 nobles vérités du bouddhisme sont:


-La vie est souffrance

-L'origine de la souffrance est la "soif", soit le désir et les attachements 

-La cessation de la souffrance

-Le chemin qui mène à la cessation de la souffrance est la voie médiane, qui suit le Noble Chemin octuple.


Le Noble Chemin:

la compréhension juste.

la pensée juste.

la parole juste.

l’action juste.

les moyens d’existence justes.

l’effort juste.

l’attention juste.

la concentration juste.

 

Les 3 poisons de l'esprit:

-la soif ou avidité

-la colère ou l'aversion 

-l'ignorance 


4h30, il est temps de poser la tablette et de retrouver les bras de Morphée...




 
 
 

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